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Le Distilbène® > Un modèle de perturbateur endocrinien

Les perturbateurs endocriniens, qu'est-ce que c'est ?

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En 1991 : l'apparition du concept

Le concept de perturbateur endocrinien est né de découvertes qui se sont à un moment cristallisées lors d'une conférence réunissant 21 chercheurs, en 1991, à Wingspread, dans le Wisconsin, et furent formulées dans "La Déclaration de Wingspread" - Altérations du développement sexuel induites par les produits chimiques : le sort commun des animaux et des hommes.
C'est avec l'exposition in utero au Distilbène (DES) que les chercheurs ont pu établir la notion de "sort commun des animaux et des hommes".
L'exposition in utero au DES est ainsi répertoriée comme un modèle et les chercheurs indiquaient déjà que "pour de nombreuses raisons, il faudrait réétudier les victimes du Distilbène."

En 1996, Dianne Dumanoski, John Peterson Myers et Théo Colborn (co-organisatrice de la Conférence de Wingspread), publieront Our stolen future, livre préfacé par Al Gore, vice-président des Etats-Unis. Le retentissement mondial de cet ouvrage contribuera largement à informer les populations de ces enjeux de santé publique. Traduit en 18 langues, il est paru en France sous le titre L'Homme en voie de disparition ?.

Qu'est-ce que la perturbation endocrinienne ?

La réponse de Bernard Jégou, biologiste, endocrinologue, toxicologue et directeur de l'unité de recherches 1085 "Institut de recherche, santé, environnement et travail (IRSET) à Rennes.



(Coproduction : Inserm/Science Frontières Production.)

Cette vidéo est extraite du dossier mis en ligne par l'INSERM sur le sujet des perturbateurs endocriniens.

2010, Palais du Luxembourg : intervention du Pr Fénichel lors de notre colloque

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En 2010, Réseau D.E.S. France a organisé au Palais du Luxembourg le colloque "DES - Trois générations : réalités - perspectives", visant notamment à faire le point des connaissances scientifiques sur le DES.

Le Pr Fénichel, endocrinologue-gynécologue, professeur de médecine et biologie de la reproduction au CHU de Nice, avait intitulé son intervention "L'exposition au Distilbène : une expérimentation humaine involontaire, riche en enseignements".

Il indiquait dans sa conclusion :
"Si l’exposition au DES constitue un épisode douloureux et peu glorieux de l’histoire de la médecine par les conséquences qu’elle a entraînées sur une ou plusieurs générations, elle a aussi constitué de façon involontaire un modèle expérimental humain exceptionnel qui a contribué à l’émergence de nouveaux concepts essentiels dans la compréhension des causes environnementales des maladies, et plus précisément dans le rôle exercé par les perturbateurs endocriniens environnementaux dans la programmation à distance des pathologies adultes, comme par exemple le Bisphénol A, synthétisé en même temps que le DES et proche d’un point de vue chimique de cet estrogène de synthèse."

En cliquant ici, vous pourrez écouter son intervention complète, les réponses aux questions posées, et télécharger le texte publié dans les actes de ce colloque.

2011 - Rapport parlementaire : perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution

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En 2011, à l'occasion d'une proposition de loi visant à interdire le Bisphénol A dans les plastiques alimentaires, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a été saisi pour réaliser une étude portant sur la question des perturbateurs endocriniens et l'état des recherches.

Ce rapport, intitulé "Perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution" a été remis par M. Gilbert BARBIER, Sénateur du Jura, à l'été 2011.


Le rapport présente tout d'abord de manière simplifiée ce qu'est le système hormonal et ce qu'on entend par sa perturbation avant de faire le point sur la recrudescence supposée de maladies d'origine environnementale et sur leurs causes possibles. Il analyse ensuite la notion même de perturbation endocrinienne pour en mesurer toutes les implications, car elle peut apparaître comme une véritable révolution. Enfin, M. le Sénateur Barbier présente des propositions d'action.

De nombreuses pages font référence au Distilbène (DES). Par exemple :

- le DES figure en tête dans un tableau récapitulant les principales sources des perturbateurs endocriniens confirmés ou potentiels.

- dans les pages consacrées à la naissance du concept de perturbateurs endocriniens, en 1991.

- Distilbène (diethylstilbestrol) et chlordécone, deux preuves chez l'homme

- dans la conclusion.


Un résumé en 4 pages est également disponible en ligne.

21 avril 2017 - Séminaire Perturbateurs Endocriniens : des connaissances scientifiques à l'action publique.

Le DES est le modèle utilisé par les chercheurs travaillant sur les perturbateurs endocriniens (PE).

Cette journée d'étude s'est tenue à Paris, dans le cadre de « Propublics », un programme de l’Université de recherche Paris Sciences et Lettres. Géraldine, membre du Conseil d'Administration, y a assisté.

Le problème des Perturbateurs Endocriniens a été présenté comme un modèle : sous les aspects du droit, de la puissance des lobbies et de la politique, et de la science.

Ana Soto et Nathalie Jas ont introduit le séminaire. Nathalie Jas, sociologue, s'intéresse en particulier aux problèmes de santé publique posés par les pesticides (effets des pesticides sur la santé, construction des savoirs scientifiques, élaboration et mise en œuvre des politiques publiques visant à les limiter). Ana Soto est endocrinologue, chercheuse en biologie cellulaire, internationalement reconnue.

L'introduction, intitulée « La science des perturbateurs endocriniens, une science sans effet sur l’action publique ? » a posé le problème de l’inertie, vue sous un aspect sociologique. Dès 1991, les scientifiques ont démontré que les Perturbateurs Endocriniens (PE, dont le DES) jouaient un rôle déterminant, mais à l'époque ils ont été peu entendus.

« LE DROIT COMME RESSOURCE ? » était le thème de la matinée, animé par Didier Torny (CNRS) et Emmanuelle Fillion (EHESP), tous deux sociologues, Béatrice Parance (professeur à l’Université Paris 8, droit de la santé) et Jean-Louis Roumegas (député de l’Hérault, Président du Groupe étude Santé/Environnement à l’Assemblée Nationale).

Aujourd’hui, comment tirer la sonnette d’alarme pour protéger les individus ? Doit-on renforcer le droit sur ce plan ou agir directement au niveau européen, sur un plan législatif ?

L’expérience du PE Distilbène est très importante au regard du droit. D. Torny et E. Fillion expliquent la difficulté qu’ont d’abord eue les juges civils pour prendre en compte la situation des victimes d’effets indésirables du Distilbène (effets à très long terme, transgénérationnels, pathologies multifactorielles…), et leur demande de réparation devant les tribunaux. Malgré d’indéniables avancées de la jurisprudence, l’expérience du recours judiciaire et les modalités de la réparation des effets délétères du DES s’avèrent souvent frustrantes sur le plan individuel (durée et opacité des procédures, grande incertitude de l’issue du procès dans les nombreux cas de pathologies multifactorielles, incommensurabilité des dommages vécus et de leur réparation financière….), même si les procès gagnés constituent des victoires sur le plan collectif. Ce sont bien en effet les procès des années 2000 qui ont enfin donné sa visibilité au Distilbène dans l’espace public, que lui avaient refusée les institutions de santé publique et la profession médicale. Les avancées jurisprudentielles obtenues dans le cadre du contentieux Distilbène pourront être mobilisées dans d’autres contentieux associés aux effets délétères de produits chimiques…
Du point de vue des victimes, on peut donc se demander si la scène judiciaire n’a pas permis davantage la reconnaissance que la réparation.

B. Parance a été sensibilisée aux PE par les accidents de Seveso et AZF. Elle a présenté une réflexion prospective sur la responsabilité des producteurs de PE.
J.L. Roumégas, quant à lui, a fait un « état des lieux » de la législation française et européenne en matière de protection des populations face aux perturbateurs endocriniens.

Si le Distilbène ne faisait l’objet que d’un item, dans l’intervention des sociologues, il a en fait été un sujet de discussion, de référence, toute la matinée !

« LOBBYING ET (NON) TRANSFORMATION DE L'ACTION PUBLIQUE » était le thème des discussions de l'après-midi. Stéphane Foucart (journaliste au Monde), avait titré son intervention « Les perturbateurs endocriniens et les médias : un rendez-vous manqué ».
Stéphane Horel (journaliste indépendante) a abordé le thème des conflits d'intérêts, des mécanismes utilisés par les différents lobbies. Ce sujet a été particulièrement détaillé par Martin Pigeon, chercheur et militant pour Corporate Europe Observatory (CEO), une ONG spécialisée dans la surveillance des activités des lobbys à Bruxelles. Il a décrit les stratégies utilisées par les industriels pour contrer les tentatives européennes de réglementation des perturbateurs endocriniens.

Enfin, Mathias Girel, co-organisateur de cette journée, a pris la parole. Maître de conférence en philosophie à l’Ecole Normale Supérieure, il mène des recherches sur des questions d’histoire et de philosophie des sciences, notamment sur la « production » de l’ignorance et sur les stratégies d’instrumentalisation du doute à l’égard des sciences. Il a fait une synthèse des différents thèmes abordés et a clôturé le séminaire en animant un débat.